Le blog politique de Dany Ayida, depuis 1999

La plupart des gouvernements européens, touchés par la crise financière et économique ou redoutant de le devenir se sont mis à la diète. Sous la pression des marchés financiers, l’un après l’autre, les pays européens annoncent des mesures d’austérité. La formule est connue et n’est pas sorcière: baisse des dépenses et hausse des impôts. De l’Allemagne au Royaume Uni en passant par la France, l’Espagne ou la Grève, le mot d’ordre est la rigueur.
Mais ce n’est pas là ma préoccupation. Ce qui me surprend, c’est le rôle que joue le Fonds Monétaire International dans cette situation. L’institution dirigée par le Français Dominique Strauss-Khan, naguère grand docteur des pays pauvres est devenue le médecin au chevet de ces pays européens en panne. La Grèce avant-hier, l’Espagne hier et bientôt l’Italie, ou la France?!
Ce qui arrive à l’Europe est tout simplement sérieux! Ces pays qui octroyaient une grande partie de l’aide internationale destinée au pays pauvres sont maintenant repliés sur eux-mêmes. L’Euro, il y a quelques mois encore monnaie forte et devise refuge est en train de s’écrouler, au point même qu’on  se demande si elle survivra à la crise. Alors quand le ciel européen est ainsi couvert, il apparaît quasiment déplacé de demander où en sont les promesses d’aide au développement. Car la réaction quasi-naturelle des pays “développés” est de couper dans l’aide au développement pour essayer de juguler les besoins internes devenus prioritaires.
Au début du mois de Mai, la très sérieuse OCDE ne s’est empêchée de révéler ce que presque tout le monde craignait depuis le début de la crise: l’aide au développement est en nette régression, du fait de la crise financière internationale.
Je pressens d’autres problèmes qui risquent d’entacher durablement les relations entre pays riches et pays pauvres les prochaines années. En effets plusieurs rapports ont été récemment publiés, qui disent que les pays africains résisteraient mieux à la crise que ceux de l’Europe. Les finances publiques africaines seraient en meilleur état et les prévisions économiques, pour une fois, sont plus favorables à nos pays qu’à ceux de nos “philanthropes”. Le risque, à mon avis, c’est qu’il naisse dans l’esprit des Européens une certaine méfiance vis-à-vis de ces pays africains. Comme d’ailleurs elle l’avait démontré avec son attachement aux Accords de Partenariat Economique (APE), l’Europe pourrait être tentée de privilégier les relations économiques au détriment de l’aide au développement. Depuis quelques années, on remarque d’ailleurs cette tendance de la part des pays comme la France. L’Agence Française de Développement ne pilote plus véritablement l’aide française au pays les moins nantis. L’AFD fait des placements, prend des participations dans de grands groupes et parle plus d’investissement plutôt que d’aide. Quelqu’un parlait de “trade not aid”…
Comment l’Afrique en est-elle venue à supporter mieux les effets de la crise financière? “L’Afrique était bien positionnée pour affronter la crise financière. Elle avait beaucoup réduit son déficit public, revenu à 1,2% du PIB en 2008. Et grâce aux allègements consentis par les pays riches, elle avait ramené le poids de sa dette publique à 10% du PIB, soit l’un des plus bas niveaux du monde”, estime l’économise Daniel Cohen. Certains croient même que l’Afrique récolte aujourd’hui les dividendes des plans d’ajustement structurel que le FMI lui avait imposés dans les année 80. C’est en tout cas le point de vue défendu par Michel Rocard, l’ancien Premier Ministre français lors de la conférence internationale “Africa 21” tenue les 18 et 19 Mai à Yaoundé au Cameroun.
Il faut aller demander aux Africains ce que ces bonnes nouvelles ont changé dans leur vie quotidienne. En tout cas, je crois qu’il n’y a pas de quoi pavoiser, car l’Afrique a plus que jamais besoin de l’aide internationale pour essayer de juguler les disparités entre les couches sociales et créer les conditions d’un réel développement. Aussi l’Afrique qui ne représente que 3% du commerce mondial se doit de profiter de cet embelli pour renforcer les investissements jugés stratégiques, notamment dans le secteur des infrastructures. 
C’est en sachant jouer sur les deux terrains du développement social et de la croissance économique que les Etats africains seront au rendez-vous de l’histoire. C’est le boulot des hommes et des femmes compétents et intègres conduits par des leaders clairvoyants…

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